Mike Bloomfield Story

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Mike Bloomfield Story

Message par strat63 le Mar 18 Avr - 23:06

Je m'étonne qu'aucun topic n'ait été encore mis à l'honneur ce magnifique guitariste et bluesman qu'est Michael Bloomfield.
Je répare donc cette injustice avec cette bio qu'un membre de mon forum (Bloomers) nous a gentillement gratifié.
Je n'ai donc aucun crédit dans cette superbe bio et il ne m'en voudra pas de l'avoir posté ici, lui qui est un grand fan devant l'éternel de notre ami Mike. Wink

Salut à tous,

Moi c'est Bloomers, animateur radio et passionné de Blues Rock...
Voici l'histoire de Mike Bloomfield, le guitariste américain le plus sous-estimé de l'histoire...

J'attends vos réactions...




Très méconnu en Europe Mike Bloomfield fait partie des grands guitaristes
qui, comme Eric Clapton marquèrent de leur inventivité l’histoire du BLUES
et en changèrent définitivement le cours.
Malheureusement pour lui, rongé de l’intérieur par ses démons et la drogue, dévoré par une passion pour le blues authentique, il ne connut pas avec ses propres disques le succès de son homologue anglais.

Michael Bernard Bloomfield est né le 28 juillet 1943 à Chicago dans une
famille Juive aisée .
A l’age 13 ans, il reçoit sa première guitare et commence le piano.
Initialement Influencé par la guitare Rock & Roll de Scotty Moore, il
s’ouvre ensuite tout naturellement au Blues en écoutant les nombreuses radio de Chicago.
Ses bluesman préféré sont Robert Johnson, Howlin’ Wolf, Elmore James et
surtout le fameux Muddy Waters qu’il part écouter dans les bars du Southside de Chicago.
Solitaire il s’entraîne de longues heures à la guitare sèche afin de
retranscrire note pour note le style si particulier de ses maîtres…

Au début des années 60, il fonde son premier groupe avec l’harmoniciste Jim Schwall, futur co-fondateur du Siegel & Schwall Band. Ensuite, c'est la
rencontre avec ses futur fidèles compagnons : le chanteur Nick Gravenites, le pianiste/organiste Barry Goldberg, le bassiste Harvey Brooks et les harmonicistes Charly Musselwhite & Paul Butterfield.
Mike Bloomfield bientôt n’hésite plus à monter sur scène avec ses amis et
devient vite une célébrité locale.
En effet, tout le monde veut voir ce guitariste blanc que Muddy Waters en
personne adore écouter et considère comme son fils spirituel...



Très actif il s’occupe également de la programmation des concerts dans un
petit club de Blues le « Fickle Pickle » mettant sur le devant de la
scène de vieux Bluesman comme Big Joe Williams ou Little Brother Montgomery…
Sa première apparitions discographique date de Mars 63, ou il se contente
d’accompagner à la guitare sèche les Tennesse Jug Busters de Yank Ratchell et ensuite au début de l’année 64, il apparaît également sur le 33 tours « Broke & Hungry » avec la même formation mais cette fois ci, sous le nom de Sleepy John Estes…



Vers la fin de 1964, il enregistre ses première démos pour John Hammond Sr. (le légendaire producteur de Columbia qui découvris entre autre Bob Dylan & Aretha Franklin)…
Malheureusement à cet époque, le label Columbia se révèle vite incapable de promouvoir un guitariste de blues électrique et abandonne le projet après juste 5 titres.
5 titres inédits donc, que l’on retrouvera 30 ans plus tard sur « Essential
Blues » une compilation indispensable…



En Décembre 64 le producteur Paul Rotchild engage Mike Bloomfield pour
étoffer le son des 1er enregistrements du Paul’s Butterfield Blues Band le premier groupe de blues électrique mixte à Chicago .
Autour du Leader, le chanteur Harmoniciste Paul Butterfield et de son fidèle partenaire le guitariste Elvin Bishop, on trouve aussi la légendaire section rythmique de Howlin’ Wolf, le batteur Sam Lay et le Bassiste Jerome Arnold.
Bloomfield & Butterfield se connaissent déjà depuis 61, viennent tous deux
de la même communauté Juive et partage la même passion pour le
blues…pourtant ils ne s’apprécie pas… Bloomfield racontera plus tard que
Butterfield était un type violent, frappant ses musiciens et se
promenant avec un flingue…prêt à dégainer pour un regard de travers…
Curieusement, les premiers enregistrement du Paul’s Butterfield Blues Band restèrent inédit jusqu’à la parution du CD « the Lost Elektra sessions » en 94, à nouveaux 30 ans après…



Juillet 64 Le Butterfield Blues Band participe au festival folk de Newport
et à cette occasion, accompagne Bob Dylan avec Al Kooper pour son tout
premier et mémorable concert Electrique.
Dans la foulée, Mike Bloomfield est embauché pour les séances d’un album qui bouleversera la vision musicale de plusieurs générations : « Highway 61 Revisited »
Bob Dylan considère encore aujourd’hui Mike Bloomfield comme le meilleur guitariste qu’il ait jamais cotoyé...il lui proposera même de faire partie de son groupe à part entière pour sa future tournée européenne...en vain.



En Octobre 65, on le retrouve avec le Paul’s Butterfield Blues Band , les
studios Elektra capturent enfin avec succès le 1er album du groupe, le son est capté live en studio avec sur certains morceaux, la presence du
pianiste Mark Naftalin.
Cependant l’harmonica de Paul Butterfield est encore trop omniprésente ,ce qui laisse à Mike Bloomfield que de bien maigre solo…




Après d’innombrables concerts donné à Chicago, New York et San Francisco…le groupe atteint son apogée.
Le second album, « East-West » témoigne de cet époque bénie.
Il est évident que quiconque appréciant le blues devrait posséder dans sa
discothèque un exemplaire de ce « East-West »…
Outre d’ excellentes reprises de blues tels que « Walking Blues » ou « Two Trains Running », le Butterfield Blues Band grave deux instrumentaux
légendaire…
Le premier « Work Song », est un célèbre thème de Jazz remanier en un duel harmonica-guitare explosif…
Le second « East West » est une longue improvisation inspiré par la musique indienne et le LSD qu’il commence à ingerer quotidiennement.
Etiré parfois jusqu’à 40 minutes en concert, « East West » fera de Mike
Bloomfield le premier guitar-hero américain et ouvrira la voie du
psychédélisme à tous les apprentis guitariste.



En 1967, Mike Bloomfield quitte Chicago et le Butterfield Blues Band et
part s’installer à San Francisco en Californie.
Sur place il met sur pied le groupe de ses rêves : L’Electric Flag…
Pour la première fois dans l’histoire du Rock, nous avons à faire à un big
band Moderne composé de dix Musiciens, tous trié sur le volet.
le noyau dur est composé du chanteur Nick Gravenites, du bassiste Harvey Brooks, de l’organiste Barry Goldberg et de Buddy Miles, futur batteur de Jimmi Hendrix, s’ajoute aussi une section de cuivre complète inédite pour l’époque.
En juin 67 L’ Electric Flag débutent fort au célèbre Festival de Monterey
et enregistre dans la foulée la Bande Original du film « The Trip » pour le
réalisateur Jack Nicholson.
Psychédélique et complètement délirante, cette B.O. est entièrement composée par un Mike Bloomfield sous acide.



Le second album du groupe « A Long Time Comin’ » paraît la même année sur Columbia.
Cette oeuvre surproduite mélangeant Blues, jazz, Soul, & bruitage sonores divers est bien trop en avance pour son temps.
le disque est descendu en flamme par la critique et fait un flop monumental.
Début 68 quand l’Electric Flag sort son second, l’indiscutablement mauvais « Groovin’ is easy », Mike Bloomfield ne fait déjà plus parti du groupe…Déprimé par les tournées incessantes, la drogue et les problèmes d’égo…



En Mai 1968 Al Kooper , aidé de vielles connaissances, propose à Mike
Bloomfield un concept-Album baptisé « Supper Sessions » une sorte de
rencontre improvisé entre musiciens reprenant de grands classique blues & pop.
L’idée séduit Mike Bloomfield pourtant on ne le retrouve que sur la première face.
Steve Stills ex guitariste des Buffalo Springfield s’occupe de la
deuxième. Atteint de dépression maladive lié à son mode de vie insomniaque (il pouvait rester 3 jours sans dormir) Mike Bloomfield souffre également de dépendance envers les drogues dures contracté un an plutôt avec l’Electric Flag.
Malgré le succès immédiat de Supper Session , Mike Bloomfield reniera plus tard le caractère trop commercial du projet, qui reste malgré tout, sa plus grande réussite à ce jour.



Fin 68 fort du succès de « Supper Session » Al Kooper & Mike Bloomfield
décident de s’enregistrer en public au légendaire Fillmore de San Francisco : « the Lived Adventure Of MB & AK » Double Album avec le même concept jam & reprise de grand classique Blues & Pop.
A la moitié du Set Mike Bloomfield à nouveau exténué par une série 5 nuits blanches est amené d’urgence à l’hôpital pour une cure de sommeil, il sera remplacé à la fin du show par son ancien collègue Elvin Bishop et par un tout jeune guitariste Latinos du nom de Carlos Santana.



Il existe également deux concerts inédits enregistré a New York au Fillmore East en décembre 68 (CD Columbia Legacy « the Lost Concert Tape »). Mike Bloomfield profite ici de l’occasion pour présenter le guitariste Texan Johnny Winter pour la première fois au public du Fillmore.




En Janvier 1969, Mike Bloomfield est au sommet de sa carrière,
il se produit encore régulièrement au Fillmore de San Francisco où il est
déjà considéré comme une légende.
Mention spéciale pour les 2 Albums Live aux Fillmore West paru cette année là toujours sur Columbia.
Le Premier très rare (disponible uniquement en 33 tours) Mike Bloomfield
Live At Bill Graham’s Fillmore West et le second « My Labors » (disponible
en cd chez Acadia Rec.) paru sous le nom de Nick Gravenites sont
exceptionnels.




Avril 69 Il collabore avec Paul Butterfield aux disques de Muddy Waters «
Father & Son » et en mai grave son second disque solo « It’s Not Killing Me» sur lequel il compose & chante pour la première fois la plupart de ses
propres compositions.
Malgrés la présence de tous ses amis (+ de 10 musiciens), ce 33 tours souffre de ses capacités vocales limitées et de son penchant immodéré pour les cuivres…




Toujours en 1969 et Mike Bloomfield se retrouve très sollicité comme
accompagnateur ou même comme producteur.
Il produit le disque « Mourning in the Morning » du Bluesman Otis Rush dans les célèbres Studio Muscle Shoals en Alabama et participe successivement au disque de Janis Joplin ( CD-LP : « Kozmic Blues »), Mother Earth (LP : « Living With The Animals »), Brewer & Shipley (LP « Weeds »)
Retenons surtout sa collaboration sous le pseudonyme de Makal Blumfeld sur le terrible disque « Two Jews Blews » de Barry Goldberg ou se trouve
également 2 autres grands guitaristes de l’époque Duane Allman et Harvey Mandel.



Début 70 toujours très actif, Mike Bloomfield loue ses services à Sam Lay, James Cotton, Beaver & Krause, Barry Goldberg, Merl Saunders…et ainsi que d’autres noms encore plus obscure comme Teda Bracci, Tim Davis…
Sa participation au 33 tours de Woody Herman « Brand New » en 71, sort du lot, Mike Bloomfield se retrouve ici confronté à un vrai Big-Band de Jazz…




En 73 Columbia Records tente de relancer la carrière de Mike Bloomfield en l’associant avec John Hammond Jr. et Dr. John pour l’album « Triumvirate »sans succès, l’année suivante la reformations de L’ Electric Flag sur Atlantic est aussi un échec et son second album solo « Try it Before You Buy It » ne fait guère mieux, se retrouvant très vite dans les bacs à soldes.
Abandonné par sa maison de disque et miné par la drogue, Mike Bloomfield commence sa longue descente au enfers.



Il continu toutefois à se produire dans la baie de San Francisco pour
soutenir dans l’ombre les nombreux concerts et disques de ses amis…

En 75 Bob Dylan lui propose à nouveau de travailler pour lui, sans succès,
il préfère rester loin des projecteurs et orienté sa musique encore plus
vers le Blues traditionnel.



Ecœuré par les grosses maisons de disques il enregistre uniquement pour des petits labels indépendants comme Takoma ou Sonnet Records.
Son Travail à cette époque alterne le bon et le médiocre … je retiens pour
ma part son disque éducatif pour Guitar Player Magazine en 76
« If You Love This Blues, Play Em As You Please ») … En effet Mike
Bloomfield prouve sur cet album hommage qu’il peut imiter tous les
guitaristes de Blues…

Fin 70 Mike Bloomfield souffre toujours plus de ses problèmes de santé liés à son mode de vie.
Il commence à manquer les concerts, se fâche avec certains de ses amis.
Il tourne encore en Italie début 80 avec des musiciens traditionnels avant
d’être retrouver mort à San Francisco dans sa voiture (par overdose
d’héroïne) le 15 février 1981 .
Il avait 37 ans.

Sources de base : Phillipe Thieyre (2002-Rock & Folk)

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par BAYOU le Mar 18 Avr - 23:26

C'est vrai que nous n'avions pas encore évoqué ce mec, dont l"uteur de cette bio est un grand connaisseur et qui officie sur un forum bien connu de certains ici (http://jimihendrix.aceboard.fr/) qu'en passant je recommande fortement.

Carrière trop courte mais sa contribution à l'un des plus grands disques de l'histoire de rock (Higway 61) a un peu occulté le reste de ses contributions.
Moi je n'aime aps trop la série des Supersessions, par contr le Paul Butterfield Blue sBnad c'est géant ainsi que A Long Time Comin' album sous estimé à sa sortie mais qui absolument somptueux.

Son parcours fait un peu penser à Hendrix, trop vite, trop fort, trop tôt

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Tartine le Mer 19 Avr - 11:24

Cette bio de Bloomer postée par Strat m'a donné envie de découvrir le môssieur! Very Happy
Mais comme toujours je ne sais pas quoi acheter pour ne pas être déçue et avoir en même temps une idée précise de ce qu'il faisait.

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par bb boogie le Mer 19 Avr - 12:22

super session est à ne pas loupé Wink



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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Monfreid... le Mer 19 Avr - 12:49

perso j'ai un faible pour

the Lived Adventure Of MB & AK

un album d'anthologie à mes oreilles (et à mes yeux aussi la pochette étant fort jolie)

un petit coucou à bloomer que j'ai déjà croisé ici et là Very Happy encore bravo pour ta bio Cool
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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Jungleland le Mer 19 Avr - 13:55

en dehors de ses travaux avec Paul Butterfield j'aime bien aussi la compilation Don't Say That I Ain't Your Man

sinon c'est vrai que c'est un des piliers essentiels du blues revival mais de là à le mettre sur un piedestal par rapport à d'autres je suis un peu plus sceptique
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Re: Mike Bloomfield Story

Message par BAYOU le Mer 19 Avr - 14:08

Tartine a écrit:Cette bio de Bloomer postée par Strat m'a donné envie de découvrir le môssieur! Very Happy
Mais comme toujours je ne sais pas quoi acheter pour ne pas être déçue et avoir en même temps une idée précise de ce qu'il faisait.



Ecoute déjà Higway 61, sinon les disques du Paul Butterfield Blues Band.
J'aime moins la série des super sessions avec Al Kooper et S.STILLS
Electric Flag gagne à être (re)connu, fusion de multiples genres avec des tas de grands musiciens.
Pour rebondir sur le propos de Jungleland, je crois que sa discographie n'est pas à la hauteur de son talent et de son influence sur la musique américiane du début des sixties.

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Tartine le Mer 19 Avr - 14:11

Suspect bah..! ça y est..... Didier m'a coupée dans mon élan.... Very Happy Laughing Wink
Nan j'déconne....... merci pour vos conseils les gars!

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Bloomers le Ven 9 Juin - 10:24

Bravo pour ce magnifique forum et un merci spécial à Strat63 pour son aide, IL EST TEMPS DE RENDRE HOMMAGE A MIKE BLOOMFIELD !!!



NICK GRAVENITES:
Bill Graham, le patron du Fillmore East & West, posait souvent la question à Michael "Où diable as-tu appris à jouer comme cela" il n'avait jamais entendu un guitariste jouer comme lui. Michael disait, "Hey, moi je suis une merde. tu devrais plutôt écouter les gars qui m'ont tout appris" et Michael commençait à citer tout ces noms. il disait tout particulièrement "J'ai appris la plupart de mes trucs du plus grand guitariste vivant sur terre, nommé BB King. Bill disait "Qui est ce satané BB King ? ", il n'avait jamais entendu parler de lui. Mike disait "c'est un noir, très connu dans sa communauté. c'est le plus grand guitariste sur terre".

Bill Graham engagea BB King au Fillmore uniquement grace au recommendations de Michael...

il parait que lorsque BB arriva pour la première fois au Fillmore, il pensa d'abord à une erreur de Booking de son manager...ce n'était pas la bon quartier, ni le bon public...pourtant l'adresse sur le papier était exacte, lorsqu'il arriva sur scène, il entendit la voix de Michael qui annonça : "Mesdames et Messieur, voici le plus grand guitariste de blues BB KING...

Selon Bill Graham, ce soir là, c'était la première fois qu'il voyait un vrai bluesman jouer et pleurer de joie... Wink

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par ready freddie le Ven 9 Juin - 10:36

qui pète trop haut a le cul qui prend la place du cerveau
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Thanks A Lot...

Message par Misty-Blues le Ven 9 Juin - 16:58

Thanks a lot again Bloom!!!! sunny

"Why don't ya hear me cryin'? Ah, whoo hoo, ooh..."
(Howlin' Wolf)



''Le Blues partout dans mes veines,
le Blues au fond de ma maison,
le Blues au fond de mon âme''
(Buddy Guy)

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Bloomers le Lun 7 Aoû - 19:33

http://www.lespaulforum.com/thumbnails/cgsantana_t.jpg

Préface traduite (par votre serviteur) de la biographie "If You Love This Blues"

La première fois que j’ai vu Michael Bloomfield jouer de la guitare, c’était quand le Butterfield Blues Band est venu à San Francisco. J’étais encore à l’école des Missionnaires. Et ça a littéralement changé ma vie pour que je déclare : "C’est ce que je veux faire et être pour le restant de ma vie."

Je me suis dirigé comme un rayon laser sur la façon de phraser de Michael sur les deux premiers albums de Butterfield. Pendant un moment mon groupe jouait beaucoup leur musique. On jouait "Born In Chicago" - c’était dans notre répertoire. Un soir on a même ouvert un concert pour eux et on a joué toutes leurs chansons avant qu’ils ne les fassent à leur tour.
Ce groupe nous a vraiment marqué. Tout le matériel qu’on avait l’habitude de jouer, on l’a mis de côté et on a commencer à travailler autour de leurs titres. "Born In Chicago", c’était le grand classique. Les gens avait l’habitude de chanter "do-do-do-do, do ; do, do, do, do, do."
"Born In Chicago", les gens chantaient ça à l’école, donc inutile de dire que ce groupe fut très, très important.

La première fois que j’ai joué avec Michael, c’était pour une jam session au Fillmore West. J’étais juste un gars qui venait de Tijuana, et qui jouait de la guitare. C’était une Jam du dimanche après midi. Jerry Garcia (Grateful Dead) était là. Jack Casady (Jefferson Airplane) à la basse et Michael Bloomfield aux claviers.

J’ai vu la guitare de Mike. Un ami à moi demanda à Bill Graham (le patron des Fillmores East & West), "Ecoute, Bill, ce petit Mexicain qui vient de Tijuana aime BB King et Michael Bloomfield. Tu penses que tu pourrais le laisser jouer ?"
Bill répondit, "ce n’est pas moi le responsable. Va demander à Michael Bloomfield". Et mon ami alla lui demander. Michael me regarda et il regarda sa guitare et dit "vas-y mon gars, c’est ma guitare". Et ce que j’ai ressenti à ce moment, c’était comme si quelqu’un m’avait donné la clef et ouvert la grande porte pour moi. J’ai pris sa guitare, collé mon oreille pour m’assurer qu’elle était bien accordée, et quand tout le monde à dit ce qu’il avait à dire, ils m’ont laissé jouer. Bill Graham apprécia et me demanda : "Est-ce que tu aimerais ouvrir pour Howlin’ Wolf & Steve Miller ?"

Donc Michael ouvra la porte pour que je me retrouve dans le milieu où je suis aujourd’hui. C’était ma première connexion avec Michael Bloomfield. J’ai toujours cette guitare. C’est une Les Paul. Je l’ai vue sur pas mal de vieilles photos avec lui.
J’étais capable de vraiment respirer, jouer ce jour en face de Michael et les autres. Pour quelques raisons, quand on est jeune, on a cette attitude de faire vraiment tout ce qu’on veux. Et cela n’a rien à voir avec la compétition.

Un jour, on était au Fillmore, il était très embêté parce qu’il avait toujours un tas de gens autour de lui. Il était adoré comme le centre de la galaxie. Il me regarda avec un air du genre, "Mon dieu, j’aimerai juste partir d’ici et faire quelque chose d’autre".
Je me souviens de lui avoir dit un truc vraiment méchant, quelque chose de vraiment mauvais. Je lui ai demandé de me pardonner. On a réglé ça avant qu’il parte. Mais j’ai dit, "Mec, un de ces jours, je te dépasserai". J’étais comme un joueur, comme un bandit. Aussitôt que c’est sorti, je me suis sentit mal. J’étais gêné d’avoir dis ça à cet adorable personne. Il me regarda et me répondit "Oh, c’est okay, je le veux pour toi aussi, mec. Tu y arrivera. Un de ces jours, tu seras plus fort que moi, c’est okay mec, je le veux pour toi aussi".
Il avait la sagesse de dire, "je le veux pour toi et je sais que tu arriveras. Je t’encourage à le faire" ; ça blesse encore plus. Tout le monde m’a regarder genre "Mec, comment peux-tu dire un truc pareil à Michael", et je répondais, "Je sais".
Je l’ai vu cinq ou six ans après, il est venu à la fermeture du Fillmore. Je me suis excusé toute la nuit pour avoir dit ça. "Oh mon dieu, tu te souviens ? je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. Oh, mec, je suis désolé" et il m’a répondu, "t’en fait pas avec ça mec. On le fait tous, mec. Je sais d’où ça vient. Ne t’en fait pas."
Il m’a donné une grande leçon. Il me la donné en face. Il m’a donné cette confidence intérieure, et une autre forme de sagesse - maintenant je n’ai plus besoin de le faire à personne. Je ne suis plus en compétition. Je pense que consciemment et inconsciemment il m'a inculqué ces valeurs, pas juste jouer de la guitare électrique.

On a un engagement, Michael et moi. Il m’a passé quelque chose et je dois le garder en faisant très attention parce que ce qu’il m’a laissé est que l’art de la musique est comme un pont entre la chair et l’esprit. Il à très bien fait cela. En regardant ce qu’il a pris ou ce qu’il a laissé. Tout cela n’a que peu d’importance.

Je suis béni d’avoir eu ces énormes professeurs et guides. Et Michael Bloomfield était un de ceux-là.

Carlos Santana
+

http://rapidshare.de/files/28435199/09_Another_Country.mp3.html

voici une version écourté de "Another Country" (1967-Electric Flag) juste pour vous faire profiter du fameux solo qui allait tellement influencé Carlos Santana...


Dernière édition par le Lun 7 Aoû - 22:01, édité 1 fois

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Jungleland le Lun 7 Aoû - 20:08

ça fait vraiment plaisir de réécouter ce superbe morceau que je n'ai pas entendu depuis une éternité ! Very Happy
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Re: Mike Bloomfield Story

Message par Bloomers le Mer 9 Aoû - 10:45

Jungleland a écrit:
sinon c'est vrai que c'est un des piliers essentiels du blues revival mais de là à le mettre sur un piedestal par rapport à d'autres je suis un peu plus sceptique


Pourtant il n'y a pas beaucoup de guitaristes blancs qui l'égalait au début des 60', jusqu'a l'arrivé d'Hendrix, je ne vois seulement qu'un Clapton avec Mayall et ses Bluesbreakers, mais bon question authenticité, ce qui se rapprochait le plus du Blues Afro/Américain, c'était le Butterfiel Blues Band...God le disait lui même dans ses interviews...

Mike Bloomfield était le premier guitariste pro des 60'...quand l'Angleterre s'émerveillait des solos maigrelets de "Slowhand"Clapton (écoutez "Five Live Yardbirds", je ne parle même pas de Jeff Beck & Jimmy Page qui ne font pratiquement pas de blues à l'époque et qui sont muselés en studio)
Au même moment Bloomfield proposait déjà dans ses concerts des improvisations gorgés de solos qui pouvaient parfois atteindre le quart d'heure !

Ne vous méprennez pas, dés le début du Butterfield Blues Band, Mike Bloomfield est devenu l'exemple n°1 pour pas mal de guitaristes folk américains qui commencaient juste à découvrir l'électricité...renseignez vous chez des vendeur de guitares, au millieu des sixties, la telecaster puis la Gibson sont devenu des standards grace au petit prince de Chicago.

Contrairement à ce qu'on pense, le blues revival vient d'Angleterre mais existait déjà en Amérique, seulement les tensions raciales de l'époque empéchaient l'explosion du genre...de plus je ne classerais pas vraiment Bloomfield dans le Blues Revival, qui est selon moi essentiellement accoustique...je le classerai plutot comme un des fondateurs du Blues-Rock.

sinon faut également se dire qu'il était difficile de trouver les premiers disques du Butterfield Blues Band en Angletterre par contre c'était trop simple de mettre la main sur un single des stones ou des Yardbirds en Amérique...

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Re: Mike Bloomfield Story

Message par sergio88 le Mer 9 Aoû - 11:07

Bloomers a écrit:Pourtant il n'y a pas beaucoup de guitaristes blancs qui l'égalaient au début des 60', jusqu'a l'arrivé d'Hendrix, ...


[humour] Oh, oh... Hendrix blanc ! Michael Jackson aurait-il été influencé par Hendrix... dans sa quête de la blancheur? Laughing Laughing Laughing [/humour]

Plus sérieusement, merci de m'avoir fait découvrir ce fabuleux guitariste. Wink

@+

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