Muddy Waters : Electric Mud (1968)
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Muddy Waters : Electric Mud (1968)
Muddy Waters : Electric Mud (1968)

Face 1
1. I Just Want To Make Love To You
2. I'm Your Hoochie Coochie Man
3. Let's Spend The Night Together
4. She's Alright
Face 2
1. Mannish Boy
2. Herbert Harper's Free Press News
3. Tom Cat
4. The Same Thing
Personnel :
Muddy Waters - chant
Gene Barge - saxophone
Pete Cosey - guitare
Phil Upchurch - guitare
Roland Faulkner - guitare
Charles Stepney - orgue
Louis Satterfield - basse
Morris Jennings - batterie
"Electric Mud" est peut-être le disque le plus controversé de l'histoire du blues. Projet purement commercial aux yeux des puristes, ces derniers ne voient en "Electric Mud" qu'une tentative pathétique de mettre le blues de Muddy Waters au goût du jour, en sacrifiant l'art du maître du Chicago blues à la mode psychédélique. C'est en effet Marshall Chess, le fils de Leonard Chess (Chess Records), qui est à l'origine du projet. L'album rencontrera d'ailleurs un certain succès commercial : la formule sera reproduite à l'identique sur "The Howlin' Wolf Album" six mois plus tard (mêmes musiciens, mêmes producteurs et même studio). L'album suivant de Muddy Waters, "After The Rain", reprend en 1969 une formule assez proche, sans l’aspect psychédélique. "Fathers And Sons" marquera la fin de l'aventure, Muddy Waters prenant lui-même ses distances vis-à-vis d'"Electric Mud".
Malgré ce désaveu et une réputation détestable, "Electric Mud" est resté un disque culte. Plus surprenant, l'intérêt suscité par "Electric Mud" ne se limite pas au seul cercle des amateurs de rock psychédélique - le public auquel l'album était destiné. C'est avec une oreille intéressée que les amateurs de Miles Davis se sont penchés sur les premiers pas de Pete Cosey, dont la contribution aux derniers albums de la première période électrique de Miles est de premier ordre. A l'inverse des puristes, ils trouvent en général le jeu de Pete Cosey sage, surtout en comparaison des solos complètement free d'"Agharta" et de "Pangaea". Mais c'est Marc Levin qui deviendra le plus fervent défenseur de la cause d'"Electric Mud" : l'album est au coeur de "Godfathers and Sons", un des films documentaires produits par Martin Scorsese en 2004. Le réalisateur trouvait en Chuck D, le leader de Public Enemy, un supporteur indéfectible de l'album de Muddy Waters, n'hésitant pas à mettre The Electrik Mud Kats à contribution dans le cadre du film - dans une performance que je trouve mitigée pour ma part.
Et "Electric Mud" dans tout ça ? Qu'un album soit un disque de producteur n'est pas une mauvaise chose en soi. Parfois ça marche. Parfois non. En l'espèce, "Electric Mud" est surtout un disque inégal, expliquant les avis très tranchés, allant de "nul" à "génial".
"Electric Mud" n'est pas un album de plus de Muddy Waters. Il a une couleur unique, l'influence de Jimi Hendrix étant omniprésente, y compris dans l'utilisation des techniques de studio (Cf. stéréo). Qualifier le disque de commercial est un peu réducteur : les interventions de Gene Barge au soprano sont loin de caresser l'auditeur dans le sens du poil - de même que celles de Pete Cosey, même si son jeu se radicalisera considérablement par la suite. La version de "I Just Want To Make Love To You" est assez réussie, avec un groove bien lourd, qui sert plutôt bien la chanson. Les couplets de "I'm Your Hoochie Coochie Man" sont directement inspirés du "If 6 Was 9" de Jimi Hendrix, aussi bien au niveau de la ligne de basse que de la mélodie.
Mais "Electric Mud" n'est pas pour autant le chef d'oeuvre que certains tentent de nous vendre : contrairement aux albums du Jimi Hendrix Experience, le mariage entre la terre (blues) et l'espace (free) est trop forcé pour que la sauce prenne. "I'm Your Hoochie Coochie Man" est ainsi très inférieur à la version originale de Muddy - mais aussi à la version du Jimi Hendrix Experience enregistrée pour la BBC. Les interventions de Gene Barge au saxophone, pas toujours très juste, n'arrangeant rien. C'est pire encore sur "Tom Cat".
Proposer du matériel original aurait permis de se soustraire à une telle comparaison, mais celui-ci est largement minoritaire ("Herbert Harper's Free Press News" et "Tom Cat"). Muddy reprend le "Let's Spend The Night Together" dans une version fort différente de celle des Rolling Stones, avec un riff largement inspiré du "Sunshine Of Your Love" de Cream. Le résultat est assez médiocre.
"She's Alright" résume peut-être à lui seul l'ambivalence du projet. D'un coté on peut apprécier la violence de la relecture du classique, avec une musique qui lorgne vers un hard rock encore inédit en 1968 et un free défendu... les musiciens étant à la limite de la justesse. En même temps, la reprise instrumentale de "My Girl" qui conclut le titre est à coté de la plaque dans un tel contexte.
Au final ? "Electric Mud" est un peu bancal, mais a le mérite de présenter des relectures originales, inégales mais pas sans intérêt.

Face 1
1. I Just Want To Make Love To You
2. I'm Your Hoochie Coochie Man
3. Let's Spend The Night Together
4. She's Alright
Face 2
1. Mannish Boy
2. Herbert Harper's Free Press News
3. Tom Cat
4. The Same Thing
Personnel :
Muddy Waters - chant
Gene Barge - saxophone
Pete Cosey - guitare
Phil Upchurch - guitare
Roland Faulkner - guitare
Charles Stepney - orgue
Louis Satterfield - basse
Morris Jennings - batterie
"Electric Mud" est peut-être le disque le plus controversé de l'histoire du blues. Projet purement commercial aux yeux des puristes, ces derniers ne voient en "Electric Mud" qu'une tentative pathétique de mettre le blues de Muddy Waters au goût du jour, en sacrifiant l'art du maître du Chicago blues à la mode psychédélique. C'est en effet Marshall Chess, le fils de Leonard Chess (Chess Records), qui est à l'origine du projet. L'album rencontrera d'ailleurs un certain succès commercial : la formule sera reproduite à l'identique sur "The Howlin' Wolf Album" six mois plus tard (mêmes musiciens, mêmes producteurs et même studio). L'album suivant de Muddy Waters, "After The Rain", reprend en 1969 une formule assez proche, sans l’aspect psychédélique. "Fathers And Sons" marquera la fin de l'aventure, Muddy Waters prenant lui-même ses distances vis-à-vis d'"Electric Mud".
Malgré ce désaveu et une réputation détestable, "Electric Mud" est resté un disque culte. Plus surprenant, l'intérêt suscité par "Electric Mud" ne se limite pas au seul cercle des amateurs de rock psychédélique - le public auquel l'album était destiné. C'est avec une oreille intéressée que les amateurs de Miles Davis se sont penchés sur les premiers pas de Pete Cosey, dont la contribution aux derniers albums de la première période électrique de Miles est de premier ordre. A l'inverse des puristes, ils trouvent en général le jeu de Pete Cosey sage, surtout en comparaison des solos complètement free d'"Agharta" et de "Pangaea". Mais c'est Marc Levin qui deviendra le plus fervent défenseur de la cause d'"Electric Mud" : l'album est au coeur de "Godfathers and Sons", un des films documentaires produits par Martin Scorsese en 2004. Le réalisateur trouvait en Chuck D, le leader de Public Enemy, un supporteur indéfectible de l'album de Muddy Waters, n'hésitant pas à mettre The Electrik Mud Kats à contribution dans le cadre du film - dans une performance que je trouve mitigée pour ma part.
Et "Electric Mud" dans tout ça ? Qu'un album soit un disque de producteur n'est pas une mauvaise chose en soi. Parfois ça marche. Parfois non. En l'espèce, "Electric Mud" est surtout un disque inégal, expliquant les avis très tranchés, allant de "nul" à "génial".
"Electric Mud" n'est pas un album de plus de Muddy Waters. Il a une couleur unique, l'influence de Jimi Hendrix étant omniprésente, y compris dans l'utilisation des techniques de studio (Cf. stéréo). Qualifier le disque de commercial est un peu réducteur : les interventions de Gene Barge au soprano sont loin de caresser l'auditeur dans le sens du poil - de même que celles de Pete Cosey, même si son jeu se radicalisera considérablement par la suite. La version de "I Just Want To Make Love To You" est assez réussie, avec un groove bien lourd, qui sert plutôt bien la chanson. Les couplets de "I'm Your Hoochie Coochie Man" sont directement inspirés du "If 6 Was 9" de Jimi Hendrix, aussi bien au niveau de la ligne de basse que de la mélodie.
Mais "Electric Mud" n'est pas pour autant le chef d'oeuvre que certains tentent de nous vendre : contrairement aux albums du Jimi Hendrix Experience, le mariage entre la terre (blues) et l'espace (free) est trop forcé pour que la sauce prenne. "I'm Your Hoochie Coochie Man" est ainsi très inférieur à la version originale de Muddy - mais aussi à la version du Jimi Hendrix Experience enregistrée pour la BBC. Les interventions de Gene Barge au saxophone, pas toujours très juste, n'arrangeant rien. C'est pire encore sur "Tom Cat".
Proposer du matériel original aurait permis de se soustraire à une telle comparaison, mais celui-ci est largement minoritaire ("Herbert Harper's Free Press News" et "Tom Cat"). Muddy reprend le "Let's Spend The Night Together" dans une version fort différente de celle des Rolling Stones, avec un riff largement inspiré du "Sunshine Of Your Love" de Cream. Le résultat est assez médiocre.
"She's Alright" résume peut-être à lui seul l'ambivalence du projet. D'un coté on peut apprécier la violence de la relecture du classique, avec une musique qui lorgne vers un hard rock encore inédit en 1968 et un free défendu... les musiciens étant à la limite de la justesse. En même temps, la reprise instrumentale de "My Girl" qui conclut le titre est à coté de la plaque dans un tel contexte.
Au final ? "Electric Mud" est un peu bancal, mais a le mérite de présenter des relectures originales, inégales mais pas sans intérêt.
Re: Muddy Waters : Electric Mud (1968)
Je ne me rappelle pas avoir réécouté ce disque depuis sa sortie. Difficile de se faire une opinion sur le but de sa sortie 40 ans plus tard. Ça ne parlait pas beaucoup de blues (au sens traditionnel) dans ces années. Avec Mayall ont commençait à s'y intéresser de plus près, car il mettait un point d'honneur à toujours rendre hommage à un ou plusieurs bluesmen sur ses disques, et cela se savait. Hendrix n'était pas vraiment connu pour faire dans le genre.
Mais là, avec ce disque c'était quand même un de ces maitres du blues qui se mettait à la portée de la jeunesse blanche du moment, ce disque à été un élément déclencheur quelque part, grand bien lui a pris je dirais moi.
Mais là, avec ce disque c'était quand même un de ces maitres du blues qui se mettait à la portée de la jeunesse blanche du moment, ce disque à été un élément déclencheur quelque part, grand bien lui a pris je dirais moi.
Wolf Is at Your DoorRe: Muddy Waters : Electric Mud (1968)
je n'aime pas cet album, voire je le déteste. Muddy Waters n'est ici qu'un alibi à des expérimentations dont je ne goûte pas l'aspect et je ne comprends vraiment pas ce qu'il est venu faire dans cette galère.
Typique à mon avis des utilisations abusives de noms dans le blues comme certaines London Sessions
Typique à mon avis des utilisations abusives de noms dans le blues comme certaines London Sessions









